RÉFLEXION CITOYENNE SUR LA GESTION DES INSTITUTIONS PROVINCIALES (GOUVERNORAT ET ASSEMBLÉE PROVINCIALE) APRÈS TROIS LÉGISLATURES DE LA ROTATION ENTRE LES TERRITOIRES

Nous sommes à ces jours à la troisième législature après le découpage des provinces. Après avoir vécu ces trois législatures, j’ai des observations qui m’ont poussé à approfondir mes analyses autour de la décentralisation du pouvoir à la Mongala avec ses trois territoires (BONGANDANGA, BUMBA et LISALA).

Pour rappel, c’est lors du processus de décentralisation consacré par la Constitution de la République Démocratique du Congo du 18 février 2006 (notamment aux articles 2 et 3) et mis en œuvre effectivement en 2015, que l’ancien district de la Mongala, jadis partie de Province de l’Équateur, est devenu une province à part entière : la province de la Mongala.

À la suite de ce découpage, la Notabilité de la Mongala (NOTAMO) avait estimé qu’il était judicieux d’instaurer un système de rotation du pouvoir entre les trois territoires que compte la province. L’objectif était noble : garantir l’équilibre et éviter toute marginalisation territoriale.

Ainsi :

Première législature :

– LISALA : Gouverneur
– BUMBA : Vice-Gouverneur
– BONGANDANGA : Président de l’Assemblée provinciale

Deuxième législature :

– BUMBA : Gouverneur
– BONGANDANGA : Vice-Gouverneur
– LISALA : Président de l’Assemblée provinciale

Troisième législature (actuelle) :

– BONGANDANGA : Gouverneur
– LISALA : Vice-Gouverneur
– BUMBA : Président de l’Assemblée provinciale

Même au sein du bureau de l’Assemblée provinciale, la logique de quota est respectée : Président d’un territoire, Vice-président d’un autre, Rapporteur du troisième.

En théorie, ce système vise l’équilibre. Mais après trois législatures, une question mérite d’être posée avec courage et objectivité : La gestion de notre province doit-elle être une affaire de quotas ou une affaire de compétence ?

La gestion d’une institution provinciale ne doit pas être une récompense territoriale. C’est une responsabilité lourde qui exige vision, compétence, intégrité et capacité à résoudre les défis concrets de la population : infrastructures, santé, éducation, routes, sécurité, économie locale.

Être originaire de tel ou tel territoire ne garantit ni compétence ni performance. De la même manière, être de la Mongala suffit pour servir la Mongala sans que l’on ait besoin d’attendre son tour.

J’ai également constaté un effet pervers de ce système : Lorsqu’un responsable est déchu à la suite d’une motion de défiance, il ne s’agit plus d’un débat institutionnel, mais d’un cycle de représailles territoriales. On attend que le quota du territoire adverse arrive pour régler des comptes. Cette logique entretient les tensions, bloque la stabilité institutionnelle et freine le développement.

Pendant que nous entretenons ces équilibres politiques, la province reste stagnante parfois même en recul.

La véritable décentralisation ne consiste pas à partager des postes en fonction des territoires mais à rapprocher la gouvernance du peuple et à promouvoir l’efficacité dans la gestion.

La Mongala n’a pas besoin d’un système automatique de rotation. Elle a besoin :

– D’hommes capables compétents ;
– D’une vision claire du développement ;
– D’un leadership fondé sur le mérite ;
– D’une stabilité institutionnelle responsable.

L’équilibre territorial est important, certes. Mais il ne doit pas devenir un frein à l’excellence.

Si nous voulons que la Mongala décolle réellement, nous devons dépasser la logique de quota et entrer dans celle de la compétence. Le développement n’a pas de territoire. La compétence non plus.

La vraie question n’est pas : À qui revient le tour ?
La vraie question est : Qui est capable de faire avancer la Mongala ?

Cette réflexion n’est dirigée contre aucun territoire, aucune autorité, ni aucune personnalité. Elle n’est animée ni par l’ambition personnelle ni par l’esprit de division.

Elle est motivée par un amour sincère pour notre province et par la volonté de voir la Mongala progresser.

À la Notabilité de la Mongala

Mes Chers Notables, je reconnais la sagesse et la bonne foi qui vous avaient guidé à l’instauration du système de rotation à ses débuts. L’intention était noble : préserver la cohésion. Mais toute œuvre humaine mérite d’être évaluée à la lumière des résultats obtenus.

Réfléchir n’est pas contester.
Proposer n’est pas attaquer.
Questionner n’est pas diviser.

Le développement de la Mongala doit dépasser les sensibilités territoriales pour entrer dans une dynamique de compétence, d’unité et d’efficacité.

Si mon analyse suscite débat, alors elle aura atteint son objectif : ouvrir une réflexion collective pour l’avenir de notre chère province.

Car au final, la seule chose qui compte n’est pas de savoir quel territoire dirige… Mais de savoir si la Mongala avance réellement.

 Ir Jérémie EYANGA EBITI

J. Gérard-Désiré ANGENGWA AGBEME

Après ses débuts scolaires, 1ere Promotion de l''Institut Champagnat- Collège de Binza- Institut Bobokoli actuellement, Jerry Gérard-Desiré ANGENGWA AGBEME NGENDU MBOKO est diiplomé d'études universitaires à l'Institut des Sciences et Techniques de l'Information (ISTI) actuel Institut Facultaires en Sciences de l'Infiormation et de la Communication (IFASIC). Jerry Gérard-Desiré ANGENGWA AGBEME est présentement Directeur-Coordonnareur de la Direction de la Communication et Médias de la Fédération congolaise de football association (FECOFA). Il charrie une riche expérience de plus d'une trentaine d'années de métier. Après ses débuts dans la Presse mère au sein du Groupe de presse Salongo dans les années '80, il assumera par la suite les fonctions de Rédacteur en chef et de Directeur de publication de plusieurs journaux du pays notamment EPANZA MAKITA, MAMBENGA, L'ESSOR AFRICAIN, NOUVEAU DEFI, L'ENJEU SPORTIF, LE DIPLOMATE, KIN MATCH, LA RÉPUBLIQUE, ... Il coordonne présentement le 1er Journal televisé sportif en lingala "15' YA MASANO" qu'on suit également sur Youtube sur 15' YA MASANO TV, après ses passages sur VAINQUEURS TV, DONDJA TV et DRC SPORTS...