CONFLIT INTERCOMMUNAUTAIRE BOKUTU-NGONZI BALELE : LA JUSTICE PRONONCE UNE PREMIÈRE CONDAMNATION A MORT
Conflit intercommunautaire Bokutu-Ngonzi : la justice frappe fort, une première condamnation à mort prononcée à Lisala. Les premières décisions judiciaires liées au conflit intercommunautaire opposant les villages de Bokutu et Ngonzi Balélé commencent à tomber dans la province de la Mongala.
Le Tribunal de grande instance de Lisala a condamné, ce vendredi 23 janvier 2026, le nommé Loleka Alele Patience à la peine de mort, assortie d’une amende d’un million de francs congolais, pour meurtre et assassinat de deux civils lors des violences enregistrées le 8 janvier dernier à Ngonzi Balélé, dans le secteur de Ngombe Doko, territoire de Lisala.
Le verdict a été rendu en procédure de flagrance, conformément à l’article 9 de l’Ordonnance-Loi n°78-001 relative à la répression des infractions flagrantes. Selon le président du Tribunal de grande instance de Lisala, Cyprien Engase, les débats ayant été clos, le jugement a été rendu immédiatement sur dispositif. Le condamné a été reconnu coupable de l’assassinat des nommés Alain Abilinda et Nzeka Liwanda, abattus lors des affrontements intercommunautaires.
S’appuyant sur la loi organique nº13/011-B du 11 avril 2013 portant organisation, fonctionnement et compétences de l’ordre juridictionnel des cours et tribunaux en République démocratique du Congo, la juridiction a estimé les faits suffisamment établis pour prononcer la sanction maximale prévue par le code pénal congolais.
Du côté de la défense, la décision, bien que respectée, ne clôt pas le débat judiciaire. Maître Michel Yogo, avocat du prévenu, a indiqué que son équipe entend user des voies de recours prévues par la loi, annonçant la saisine du juge du second degré afin de solliciter un réexamen du dossier, soit pour confirmation, soit pour correction du jugement rendu en première instance.
Pour votre information, cette condamnation constitue la première décision judiciaire dans un dossier impliquant 17 prévenus poursuivis pour leur implication présumée dans les actes de tueries et de pillages ayant ensanglanté les villages de Bokutu et Ngonzi Balélé. A ce jour, plusieurs habitants des zones affectées se seraient réfugiés dans la brousse, redoutant des arrestations dans le cadre des enquêtes en cours.
Alors que les audiences se poursuivent, cette première condamnation marque un signal fort des autorités judiciaires, dans un contexte où l’opinion publique attend des réponses claires face à l’escalade des violences communautaires et à l’impératif de rétablissement de l’ordre public dans la province de la Mongala.

